Voici la situation que l’on peut observer aujourd’hui au sein du groupe scolaire de Landouge.
On stigmatise les parents d’élèves de l’école publique, car ils s’opposent à l’installation d’une école privée, qui occupe des locaux qui étaient jusqu’à présent
dits « insalubres », donc inutilisables par l’association des parents d’élèves et par les enfants de l’école maternelle.
Or, d’un coup de baguette magique, ces locaux sont disponibles et adaptés à l’enseignement de la Calendreta, qui s’installe sans autre forme de procès dans les
lieux, grâce à la volonté de la mairie de Limoges.
Mais il y a des indignations justifiées, derrière lesquelles se cachent la volonté farouche d’égalité des chances et d’un choix de société érigé depuis plus de 150
ans.
Car c’est bien ce choix auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. En effet, les élèves de l’école publique se retrouvent à 25 minimum par classe, dans une cour à
l’espace réduit, privée de préau au profit d’une école privée, certes laïque et sous contrat avec l’éducation nationale, mais qui bénéficierait de l’espace et des moyens de l’état, tout en
n’étant que 15 par classes. Nous voilà bien devant un fait accompli d’une société à 2 vitesses, qui met en péril les bases de notre société.
Le pire, c’est de découvrir que cette situation est soutenue et imposée par la mairie de Limoges, ainsi que par l’inspection académique, représentant de l’Etat, qui
impose une situation où l’école privée occupe l’espace de l’école publique. Ces représentants ont-ils oublié le combat mené par Jules Ferry ?
Est- il possible de résoudre la situation autrement ? Si on en croit les représentants de l’Etat, non.
Néanmoins posons-nous la question.
L’intégration des enfants de la Calandreta au sein de l’école publique de Landouge, dans le cadre du service public, est encore possible, mais cela aura un coût, en
terme d’augmentation du personnel et qui devra être assumé par le rectorat de Limoges, dont un Inspecteur nous dit « Qu’il faut voir la situation comme une situation d’urgence, et que nous nous
devons d’aider ces enfants, tels des randonneurs dans un gite ». Alors oui, aidons- les, mais dans le cadre de l’école publique, avec des moyens publics adaptés.
Quand à l’enseignement de l’Occitan, pourquoi ne pas envisager son enseignement dans l’école publique de Landouge, dispensé par des intervenants sélectionnés et
encadrés par le rectorat de Limoges, comme c’est déjà le cas dans certains collèges. Cela a bien entendu un coût, mais le service public se doit d’assumer un enseignement, plutôt que de soutenir
une privatisation de ses services.
Ne laissons pas un exemple de société à 2 vitesses s’imposer à nous.
Plutôt que de séparer les enfants de ces 2 écoles, et d’instaurer un climat de défiance par rapport à l’école publique, il faut les réunir, pour maintenir les
valeurs de l’école républicaine, seule garante de l’égalité des chances de notre société.
La défense du régionalisme ne doit pas être un prétexte à l’érosion de la qualité de l’enseignement public.
